Une nouvelle salve de droits de douanes de 10 ou 12,5% sur un certain nombre de produits sanctionne, selon Washington, les pays qui ne luttent pas assez contre le commerce de produits issus du travail forcé. Elle est annoncée le jour de l'expiration de précédents droits de douane.
Après le Canada et le Brésil, une soixantaine d'économies, dont l'Union européenne, se retrouvent à leur tour visées par de nouveaux droits de douane aux Etats-Unis, vendredi 24 juillet.
Les pays touchés voient une surtaxe de 10% ou 12,5% s'appliquer à un certain nombre de leurs produits entrant sur le territoire américain. Ceux qui sont déjà en voie d'acheminement vers la première économie mondiale ne seront pas concernés s'ils arrivent à destination avant le 28 juillet. L'énergie et les matières premières qui ne sont pas produites aux Etats-Unis devraient toutefois être exclues de la liste des produits concernés.
Le prétexte de cette nouvelle surtaxe est présentée comme le résultat d'une enquête, lancée mi-mars par le représentant de la Maison Blanche au Commerce, Jamieson Greer, afin de déterminer si les partenaires commerciaux des Etats-Unis avaient totalement éliminé de leur chaîne d'approvisionnement les produits issus du travail forcé. "Nous cherchons à mettre fin au commerce de ce type de produits", a-t-il expliqué sur la chaîne CNN. "Si vous autorisez l'importation de biens issus du travail forcé, cela crée de la concurrence déloyale envers vos propres produits. Nous voulons que tous les pays disposent du même type de protections."
Les pays disposant d'une législation que les Etats-Unis estiment incomplète se voient imposer 10% sur un certain nombre de leurs produits. Ce sera notamment le cas des pays de l'Union européenne, du Royaume-Uni, du Mexique ou du Canada, soit certains des plus importants partenaires commerciaux des Etats-Unis. Pour les autres, soit une quarantaine de pays, les produits se verront appliquer 12,5%. La Chine, le Japon, la Suisse ou la Corée du Sud sont par exemple concernés.
"Une guerre de droits de douane ou une guerre commerciale ne sert les intérêts d'aucune partie", a déclaré Lin Jian, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, qui affirme que la Chine s'oppose à cette mesure unilatérale.
L'Union européenne qui a infligé à Google une amende de près d’un milliard a accueilli avec soulagement ces nouveaux droits de Cela aurait pu être pire"L'UE se félicite que ce résultat soit conforme aux engagements américains sur les droits de douane" figurant dans l'accord commercial conclu l'an dernier entre Bruxelles et Washington, a réagi Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, qui acte la soumission de l’Europe