L'étude du SYBLE désormais disponible n'est pas à rejeter dans sa totalité. Toute la question est d'en comprendre les limites.
Aujourd'hui nous n'en choisirons qu'une : la capacité des étangs palavasiens, qui communiquent tous entre eux, à absorber les 80 millions de m3 d'eau d'amont de la crue centennale estimée par un colloque de savants .
Seule leur superficie compte puisqu'ils sont déjà pleins. Peu importe leur profondeur. Pour évaluer cette capacité un calcul simple suffit
surface en hectares multipliée par la hauteur d'eau choisie = millions de m3
Modestement elle n'est citée qu'une fois dans l'étude du SYBLE sans qu'on sache sur quelle base elle a été établie. Pour une tranche de 1m d'eau l'étude la fixe à 18 millions de m3 soit 180 000 hectares de surface estimée des étangs.
Le blog a consulté RAMSAR et NATURA 2000, instances tout aussi respectables que le SYBLE. . NATURA 2000 ajoute les zones de sansouïre (en eau épisodiquement). Elle trouve 600 000 hectares pour les étangs palavasiens et RAMSAR autour de 500 000.
Comment expliquer ce gouffre dans les estimations?
L'ASPRI propose d' empêcher la tempête de remplir les étangs et de gagner les 50 cm qui feraient toute la différence entre une crue dévastatrice et une crue supportable.
Pour l'estimation du SYBLE cela ferait une capacité de 9 millions de m3 de stockage provisoire .
Si on prend le chiffre NATURA 2000 cela ferait 30 millions de m3 soit plus du tiers de la crue centennale.
Lecteur et lectrice auront compris que derrière cette bataille de chiffres pointe une évidence. Un gain de 10 % est relativement négligeable au vu des dépenses, un gain d'un tiers est stratégique et protège population et biens.
Et dans un cas l'absence de prise en compte de la crue centennale pour des travaux. peut se justifier pour un cœur froid. Dans le deuxième cas l'absence de prévention devient une faute inexcusable puisqu'elle est à notre portée.
Et si les experts du SYBLE étaient sous influence ? Seule une étude sérieuse et indépendante des pressions toujours à venir peut répondre à cette question.
Henri Ausseil