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24 juillet 2022 7 24 /07 /juillet /2022 13:23

Du 28 au 30 juin, quarante chefs d’État se sont réunis à Madrid pour le sommet de l’OTAN. La présence du Japon, de la Corée du Sud, de l’Australie et de la Nouvelle Zélande lors de ce sommet, alors que ces pays ne sont pas membres de l’OTAN constitue un signe évident  que pour  Washington, Pékin passe avant Moscou.

Cette réunion, dans un climat d’inquiétude a clairement désigné la Russie comme un ennemi Il y a deux ans pourtant, E. Macron parlait, à propos de l’OTAN, de « mort cérébrale » tandis que D.Trump la jugeait « obsolète ». Madrid célèbre désormais l’unité, la solidarité et la solidité de l’institution. V. Poutine a été de toute évidence le fédérateur de ces évènements. Il souhaitait affaiblir l’OTAN, il l’a ressuscitée.

L’augmentation des dépenses militaires a été au centre des discussions. Pour le secrétaire général de l’OTAN, les 2% ne sont plus un plafond mais un plancher. Il y a ainsi une volonté très forte d’accroître tout à la fois le budget commun et celui des États.

Ce sommet marque l’un des plus importants changements du système de défense depuis la fin de la guerre froide se traduisant par un renforcement de la présence de l’OTAN sur le front Est de l’Europe.  Les effectifs de 40 000 hommes seront portés à 300 000 au travers de la Force de Réaction (NRF). Huit nouveaux groupements tactiques seront déployés dans les pays baltes, en Bulgarie, en Hongrie, en Slovaquie et en Roumanie. Les États-Unis renforceront leurs contingents en Pologne, enverront une quarantaine de F35 au Royaume-Uni et deux destroyers en Espagne.

Washington pare cette offensive d’une justification idéologique, celle d’une alliance des démocraties contre les régimes autoritaires (Chine, Russie, Iran). Cette stratégie masque des intérêts plus pragmatiques, celle de la compétition systémique avec la Chine pour la suprématie mondiale. L’Europe n’a rien à gagner dans ces affrontements et cela constitue même un piège dangereux. Est-ce le modèle que l’on veut pour l’Europe d’un Occident contre le reste du monde ? La réaction des pays africains face au conflit en Ukraine devrait nous alerter. Cette vision du monde est celle des États-Unis et de l’OTAN qui militarisent les défis politiques. S’il existe des divergences sérieuses avec la Chine sur nombre de dossiers, présenter ce pays comme une menace, antagoniser toutes les relations ne peut qu’accentuer des clivages lourds de menaces.

Paris a tu ses exigences de poursuivre le dialogue avec la Russie et s’est conformée à la volonté américaine sur la Chine. L’opacité est également de mise sur les concessions faites à la Turquie contre nos alliés Kurdes. La France a réitéré son engagement à livrer des armes à l’Ukraine (véhicules blindés, canons Caesar voire des missiles Exoset). Elle s’est montrée en revanche plus réservée sur l’augmentation du budget qui pourrait se traduire par l’achat de matériels américains et d’équipements non nécessaires.

De toute évidence, ce sommet de l’OTAN marque un tournant dangereux, une escalade guerrière tournant le dos à la diplomatie et à la recherche de la paix équitable et durable. Les conséquences risquent d’être funestes. La sortie de l’OTAN et l’existence même de cette organisation obsolète sont posées si l’on veut contribuer à bâtir une nouvelle architecture de sécurité collective en Europe et dans le monde.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

 

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29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 07:32
LES 2 RIVES ONT 2 ANS 🎂🎂

Comme le temps passe vite !!!!! Déjà 2 ans à vous offrir un autre son de cloche sur l'Amérique Latine.

Nous remercions tous nos suiveurs et surtout nos collaborateurs qui permettent à ce point de vue alternatif de ne pas s'éteindre. 

Pour fêter cela, nous vous invitions à la conférence suivante:

Nouvelle donne en Amérique Latine

💥 Samedi 2 juillet 2022 - 19h (heure française)💥

En un an, le visage de l'Amérique Latine a changé. La plupart des pays de la région sont de nouveau dirigé par des options politiques progressistes, allant de la social-démocratie au socialisme révolutionnaire. Le néolibéralisme semble, une fois de plus, relégué à l'arrière plan. "Semble", car les batailles sont rudes et le camp progressiste n'a pas le droit à l'erreur. 
Qu'est ce que cela implique pour le continent ? 
En quoi cette nouvelle donne joue sur le futur du monde multipolaire en gestation?
Quel sera l'avenir pour des pays comme la Colombie, Cuba, le Venezuela, le Chili ou le Pérou?
Autour du gâteau d'anniversaire, Les 2 Rives reçoivent les journalistes Maurice LEMOINE, Marco TERUGGI, Maïlys KHIDER, Romain MIGUS
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29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 06:54

Le gouvernement népalais a refusé de coopérer avec les États-Unis en matière de sécurité via le State Partnership Program (SPP). Katmandou a pris la décision de ne pas promouvoir le SPP avant une visite à Washington du Premier ministre Sher Bahadur Deuba à la mi-juillet, où il sera accompagné de hauts responsables militaires, dont le chef d'état-major de l'armée népalaise, le général Prabhu Ram Sharma. Le Népal ne veut en effet pas ruiner l'équilibre délicat qu'il entretient entre la Chine et l'Inde, les deux géants entre lesquels le pays est pris en sandwich, en ajoutant les États-Unis dans l'équation géopolitique.

le Parti communiste népalais, principal parti d'opposition du pays, mais aussi le Parti du Congrès népalais, dirigé par le Premier ministre lui-même, ont exprimé leur opposition à ce type de coopération avec les États-Unis.

.L'ambassade des États-Unis au Népal  nie que le SPP ait des arrière-pensées, écrivant sur son site Web que : « Le programme de partenariat d'État n'est pas et n'a jamais été une alliance militaire ou de sécurité. Les États-Unis ne cherchent pas une alliance militaire avec le Népal. Pourtant  un haut responsable militaire américain a effectué une visite de 4 jours début juin.

Le poids de la Chine et de l'Inde ont été déterminants et l'OTAN asiatique  aura du mal à exister.

 

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:19

Le 23 juin Biden a signé un nouveau programme d'aide de 450 millions de dollars pour l'Ukraine, qui comprend davantage de systèmes de roquettes d'artillerie à haute mobilité (HIMARS), de patrouilleurs et de véhicules tactiques. Il s'agit de la 13e dépense de ce type cette année.

Selon le DoD américain, Washington a maintenant engagé environ 6,8 milliards de dollars en aide à la sécurité de l'Ukraine depuis le début de l'administration Biden, dont environ 6,1 milliards de dollars depuis le début de la guerre.

Mais 40%  de "l'aide" a été en réalité dirigée vers les  pays alliés en Europe  pour intervenir. Ils devront en principe  la rembourser aux USA... s'ils le peuvent.

En tout 40 milliards sont autorisés pour l'avenir ce qui fait beaucoup et rend de plus en plus de pays méfiants envers le dollar et la planche à billets qui va avec.. Les BRICS viennent d'indiquer que 4 pays vont les rejoindre dans le but explicite de remplacer le dollar par un panel dans les transactions mondiales. Le Temps  cite   l'Indonésie, l'Argentine   le Nigeria et le Kenya. qui seraient admis  lors du sommet  de 2022 qui se déroule à Pékin. Mais d'autres suivront forcément. Deux sont annoncés sans précision. Six pays sont "observateurs : la Thaïlande, le Mexique, l'Egypte, la Guinée, le Tadjikistan et la Turquie.

Le poids des colossales  dépenses militaires  américaines passerait alors petit à petit du monde sur le  peuple américain, avec des conséquences incalculables.

 

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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 10:44

La lecture du texte de  Nadjib Touabia nous a troublé. On en tire  le sentiment que la junte au pouvoir incapable d'empêcher un massacre en est responsable.

le blog répète ce qu'il a déjà dit trop souvent:  la France en refusant de créer une armée malienne puissante , en divisant le Mali en porte la responsabilité la plus grande. La junte n'est pas notre tasse de thé et en disant cela nous ne prenons pas son parti. Mais lorsque nous n'avons pas un champion auquel adhérer , cela ne justifie pas de nous aligner par défaut  sur le néo colonialisme et l'impérialisme.

Il va falloir entre nous une grande explication sur ce thème, c'est ce que Rencontres Marx propose cet automne.  Qui finance les islamistes ?  Qui soutient les Touaregs ? Barkhane aurait-elle empêché la tuerie?  Faut-il condamner le soutien militaire russe ? Autant de questions auxquelles il faudra s'attaquer sans complexes en élargissant le champ d'étude. Et cela nous aidera à mieux comprendre le monde nouveau, y compris ce qui se passe dans notre outremer. En abandonnant à la droite les notions de bien et de mal, au profit du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

C'est un point de vue que nous versons au débat

Henri Ausseil

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 06:27
Du rififi en mer de Chine du Sud

La carte ci dessus montre que la Chine n'est pas seule intéressée  par la mer et ses ressources. Le Viet Nam, l'Indonésie, Brunei, les Philippines , la Malaisie, Singapour   ont des différents avec la Chine à ce sujet. l'Inde semble vouloir en profiter pour créer une union autour du problème, ce qui semble avantager Biden. Des différents existent aussi dans l'Himalaya.

 Mais  cela n'implique pas que ces pays rejoindront  la stratégie américaine d'encerclement. Pour le blog le monde multipolaire  ne signifie pas un face à face Chine-USA mais la montée de puissances émergentes nombreuses, différentes les unes des autres et qui devront apprendre à vivre ensemble.   Si la France,qui a des terres dans le monde entier  au lieu de choisir l'OTAN s'inscrivait dans cette recherche   de l'apaisement et de l'équilibre , elle contribuerait à  une  paix précieuse.

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14 juin 2022 2 14 /06 /juin /2022 06:16

Biden cherche à élargir le cercle de ses alliés en Asie du Sud. Cela est visible dans les récentes réunions du secrétaire d'État adjoint Donald Lu avec les autorités du Bangladesh et d'autres engagements de haut niveau avec le Sri Lanka et les Maldives. Un autre signe en est les informations selon lesquelles le Premier ministre népalais devrait se rendre à Washington à la mi-juillet. Les États-Unis sont le plus grand donateur bilatéral du Népal, et le pays souhaite attirer des investissements américains. 

Mais on est obligé de constater que le Sri Lanka, le Népal , les Maldives  ou les Iles Salomon ne compensent pas de grands absents. Et ils sont plus attirés par les dollars que par la guerre avec la Chine. Or  les États-Unis attendent des « alliés absolus » leur fournissant des bases militaires, mais le nouveau monde polycentrique qui émerge fait place à des relations bilatérales diversifiées à l'échelle mondiale, comme cela commence à se voir en Afrique .

C'est   donc la question de l'impossible hégémonie maintenue  qui se joue.

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 06:34

En 2021  les États-Unis ont imposé un embargo  sur les armes à destination du Cambodge en raison  d'un  projet de port militaire  construit par les Chinois dans le golfe stratégique de Thaïlande (officiellement pour les Cambodgiens ).

Des responsables chinois et cambodgiens ont inauguré le 8 juin la construction de la base navale cambodgienne de Ream dans le golfe de Thaïlande, Elle comprendra une nouvelle cale sèche pour la réparation des navires, une jetée agrandie, un hôpital, un atelier et un bâtiment de réception.

Autrement dit l'embargo  a poussé le Cambodge dans les bras de la Chine. Une nouvelle preuve si c'était nécessaire qu'il va bien falloir admettre que le monde est multipolaire.

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 06:47
Le président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, annonce qu'il ne participera pas au Sommet des Amériques car les États-Unis n'ont pas invité tous les gouvernements de la région, lors de la conférence de presse quotidienne du matin, à Mexico, le 6 juin 2022.
L'administration Biden a   exclu  Cuba, le Venezuela et le  Nicaragua du Sommet des Amériques malgré les risques, voulant à tout prix  diriger.   Là comme ailleurs la réalité lui donne tort.
 Les dirigeants du Brésil, de l'Argentine, de la Bolivie, du Honduras, du Guatemala et de plusieurs États des Caraïbes ont également déclaré qu'ils n'iraient pas  eux-mêmes pour la même raison et qu'ils enverraient  des délégations moins visibles.
L'ambassadeur cubain en Chine, Carlos Miguel Pereira, a déclaré au Global Times que si les États-Unis veulent toujours considérer l'Amérique latine comme leur propre arrière-cour, une telle idée ne fonctionnera pas maintenant, car l'Amérique latine n'est plus ce que les États-Unis avaient imaginé, et la région a connu de nouveaux changements.
Le monde est de plus en plus multipolaire. Etrangement le Chili de gauche fait exception.
 
 
 
 
 
 
 
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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 16:49

 France Inter découvre  que l'Occident n'est pas le monde. La radio  rend compte d'un entretien au magazine Time  où Lula  critique vertement le président ukrainien Zelensky et les Occidentaux. Il les juge en partie responsables de la guerre.    Et ça secoue le cocotier, parce que Lula prend le contrepied de l’image d’un Zelensky devenue une icône de la résistance légitime à l’invasion russe. La charge est violente : « Ce type, dit Lula, à propos de Zelensky, est aussi responsable de la guerre que Poutine ».

L’attaque en règle vise aussi les Occidentaux : Lula dénonce la responsabilité des États-Unis et de l’Union Européenne. « Vous auriez dû dire tout de suite : l’Ukraine n’entrera pas dans l’Otan. Il n’y aurait pas eu la guerre ». Le point de vue de Lula n’est pas isolé. Il est même représentatif du regard porté sur le conflit par une grande partie du monde non occidental.  On l’a déjà souligné ici : à part les Occidentaux, presque personne n’a adopté de sanctions contre la Russie.  En Amérique Latine en particulier, les dirigeants de gauche sont très réticents à critiquer Moscou.

Surtout, les gauches latino-américaines sauf au Chili  demeurent d’une méfiance absolue vis-à-vis de Washington. Et donc de l’Otan, perçu comme son bras armé.

Les cicatrices liées au soutien passé des Etats-Unis aux dictatures militaires en Amérique du Sud ne sont pas refermées. Et de nombreux dirigeants, dont Lula dans cette interview, rappellent l’illégitimité de l’intervention américaine en Irak.

Bien entendu ,effrayée de son audace France Inter  pour terminer  retrouve ses classiques.  C'est pour des raisons électorales que Lula fait de l'anti américanisme. Et oublie au passage que Bolsonaro ne suit pas l'occident sur l'Ukraine.

 

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