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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 07:14

Macron se dit laïque . Les communistes ne classent pas la Croix parmi les journaux laïques. Et pourtant.

Dans un long article   du 26-27 septembre 2020  dans la Croix, Olivier Roy nous interpelle. Voici des extraits :
 
Avec son offensive contre le séparatisme, le président veut-il abolir la loi de 1905 ?  La cible est évidemment l’islam, mais comme on ne peut légiférer contre une religion particulière, on fait comme on a fait pour interdire le voile à l’école : on s’attaque aux signes «religieux » en général, tout en pensant que les coups n’atteindront que les musulmans «séparatistes » puisque les autres religions sont supposées ne pas l’être. Mais tous seront atteints.
 
1) On met derrière l’étiquette de séparatisme des comportements, des groupes ou des déclarations parfaitement hétéroclites, comme le montre d’ailleurs la liste à la Prévert des premières mesures annoncées.
 
2) On considère dans le fond que le simple fait de placer Dieu au-dessus des hommes est une déclaration séparatiste. En ce sens, toute religion qui ne se replie pas dans le privé est séparatiste aux yeux des chantres d’une laïcité hégémonique qui n’a plus rien à voir avec la loi de 1905.
 
Une campagne politique et médiatique, appuyée sur quelques travaux universitaires, suppose que la France est l’objet d’une « stratégie d’islamisation ». Or on mélange des choses très différentes. Salafi, djihadistes tablighis, Frères musulmans, mamans voilées, voire trafiquants de drogue, bandes de jeunes des quartiers difficiles et adeptes de Black Lives Matter, joindraient leurs forces pour chasser l’État des banlieues et y imposer la norme islamique. D’une part, l’État n’a jamais été chassé : il s’est retiré (on a vu comment les habitants de Dijon ont dû attendre trois jours que la police intervienne). D’autre part, ces acteurs n’ont la plupart du temps pas grand-chose en commun, sinon d’avoir une origine musulmane.
 
Quelles mesures sont évoquées ?
Interdiction des certificats de virginité : il s’agit certes d’une opération humiliante et interdite par l’ordre des médecins, mais quel rapport avec le séparatisme ? La virginité n’est pas une valeur de la République ? Fort bien, mais quid de ceux pour qui elle est une valeur ? Faudrait-il interdire toute « incitation à la virginité » ?
Pas de halal à la cantine ? Pourquoi pas, mais végétariens, bouddhistes, juifs pratiquants, ainsi bien sûr que les musulmans, demandent simplement qu’il n’y ait pas d’obligation de manger de la viande, ce qui est l’exercice d’une liberté élémentaire.
Sanctionner les prêches de haine ? Excellente idée, mais l’on dispose de tout un arsenal de mesures qui ont considérablement étendu le champ de la « haine » depuis trente ans (le sexe, la race, l’antisémitisme). Qu’est-ce qu’on pourrait criminaliser de plus ? Ah si : la condamnation des « infidèles ». Déclarer que le non-croyant n’ira pas au paradis n’est pas démocratique. Le paradis pour tous, la communion pour tous.
L’égalité entre hommes et femmes ? Excellente idée. Si tout refus de mixité est une forme de séparatisme, alors il faut interdire les ordres monastiques – ce que la Révolution française, logique avec elle-même, avait fait. La mesure serait limitée aux associations financées par l’argent public, nous dit-on. Mais la frontière n’est pas nette. On voit ce qui se passe avec le voile : interdit seulement à l’école, il fait depuis l’objet d’une « chasse » dans tout l’espace public en dehors de tout cadre légal (Parlement, conseils généraux…). 
Et que se passera-t-il quand les femmes qui ont postulé pour être évêques porteront plainte contre le refus des séminaires catholiques de les accueillir ? L’État devra-t-il alors interdire l’usage des lieux de culte qui sont propriété publique aux religions qui refusent d’ordonner des femmes ? On pourra enfin transformer Notre-Dame de Paris en musée.
Déclarer que la loi de Dieu est supérieure à la loi de l’homme serait du séparatisme ? Le croyant en tant que citoyen obéit bien sûr à la loi des hommes, encore que… L’objection de conscience existe dans le droit français, et l’on a connu des circonstances où il a bien fallu rejeter la loi des hommes. Car pour le croyant en tant que croyant, Dieu est bien au-dessus des hommes (et même le pape François le dit !). 
Ce qui est en jeu c’est bien l’expulsion du religieux de tout l’espace public, ce qui est le contraire de la loi de 1905, qui définit le cadre de la pratique du culte dans l’espace public.
 

Avec sa spécificité, le catholicisme a les mêmes positions que la libre pensée athée. Le débat sur la laïcité en 2020 est lancé !

   HA

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 18:10
 
Monsieur le Président,
 
La République n’est ni votre propriété, ni un terrain de jeu ! Ses principes et les valeurs qu’elle porte ne sauraient dépendre des intérêts électoraux de quiconque.
 
Depuis maintenant plusieurs mois, votre gouvernement prépare l’opinion publique à une initiative législative contre le « séparatisme », auquel vous avez consacré l’essentiel de votre discours du 4 septembre dernier au Panthéon. Etrange cérémonie puisque vous aviez choisi de fêter le 150e anniversaire de la République, effaçant ainsi de l’histoire la Première République, celle des révolutionnaires et des patriotes de 1792, ainsi que la Deuxième. Comme si vous aviez voulu éloigner la République de ses fondations et ses racines. Curieuse révision de l’histoire pour celui qui prône, dans le même discours, d’aimer toujours en bloc notre histoire et notre culture et s’emploie, en même temps, à n’en retenir que certains moments.
 
Pire, vous nous sommez d’adhérer à une mystérieuse unicité de la France et de son peuple, sous peine sans doute d’être assimilés à celles et ceux qui, selon vous, s’en séparent.
Souffrez, Monsieur le Président, que nous ne cédions pas à votre injonction.
Si l’histoire de la France et de son peuple est faite d’ombres et de lumières, omettre les premières, c’est nier leurs conséquences et donc en ignorer les victimes.
C’est pourquoi votre propos aurait été plus juste et moins imprégné de considérations électorales si, avant de s’en prendre à celles et ceux qui s’écarteraient de la République, vous vous en étiez pris à ce qui, dans notre République, sépare, discrimine et stigmatise.
L’idée principale, expliquez-vous, c’est que « personne ne doit bricoler ses propres lois et vivre à part ». Nous souscrivons à cet ambitieux programme, qu’il aurait mieux valu résumer d’un « Liberté, égalité, fraternité » plutôt que d’aller à l’encontre de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat qui garantit la liberté de conscience pour toutes et tous et la liberté de l’exprimer. Programme auquel il aurait mieux valu donner de la chair en vous attaquant aux injustices sociales et fiscales, à l’accès à l’emploi ou à l’éducation, ou en vous attaquant à ces ghettos qui défigurent nos villes et nos banlieues.
Et à combattre le racisme.
Au lieu de cela, votre gouvernement n’hésite pas, à votre suite, à envisager de limiter la liberté des associations et à stigmatiser un peu plus, bien qu’il s’en défende, les personnes de confession musulmane.
Vous nous aviez habitués, pourtant, à plus de clairvoyance lorsque vous vous interrogiez sur les conséquences des discriminations ou de la colonisation.
Et si la République a souvent eu des adversaires, parfois des ennemis, elle n’est pas impuissante, comme vous voudriez le faire croire, face à celles et ceux qui en méprisent les lois et les principes. Elle dispose d’une justice et d’un arsenal législatif en mesure de juger et de punir les groupes haineux ou factieux ainsi que les individus qui les inspirent, quelles qu’en soient les motivations.
Votre choix n’a donc rien à voir avec la République en son principe. Il participe d’un calcul politique. Le mauvais calcul d’une mauvaise politique. Celle qui construit la défiance, et divise la nation au lieu de rassembler. Vous prétendez vouloir défendre l’idéal républicain et laïque ? Vous n’allez que le dénaturer. Car le fameux « séparatisme » que vous ne définissez jamais, en l’agitant sans cesse, c’est le nouveau bouc émissaire contemporain, pour l’essentiel l’islam et les musulmans.
Parce que votre démarche est dangereuse et tourne le dos aux libertés fondamentales, parce que la République n’est ni votre propriété ni un terrain de jeu, nous vous demandons solennellement de renoncer à ce projet.
 
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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 08:06

Michael Delafosse veut priver de subventions les associations qui ne la respecteront pas. Le maire de Montpellier explique vouloir ainsi "éviter les phénomènes de type communautaristes autour de faits religieux". Un collectif signe un appel lui demandant de renoncer à ce projet qu'il juge "inutile".

4 des signataires de l'appel lancé au maire de Montpellier pour qu'il retire la charte de la laïcité. Lors de la conférence de presse à la brasserie Le Dôme à Montpellier. © Radio France - Sébastien Garnier

La charte de la laïcité, imaginée par le gouvernement mais que le nouveau maire de Montpellier veut imposer aux associations, ne plaît pas à tout le monde. Un collectif de près d'une centaine de militants associatifs, syndicalistes, politiques de gauche ( PCF, LDH, ATTAC, MRAP, CGT, Gilets jaunes...) signe un appel demandant à Michael Delafosse de renoncer à ce projet.

Il prévoit que les associations qui ne  respecteront pas cette charte, ne recevront plus de subventions de la commune ou de la Métropole. Michaël Delafosse explique vouloir ainsi "éviter les phénomènes de type communautaristes autour de faits religieux". 

Une charte inutile 

"On parle d'associations qui pourraient percevoir des fonds et les détourner pour autre chose. Mais la loi a déjà prévu ce cas et il suffit alors de couper les vivres à l'association qui fait cela, c'est bête comme chou" explique Alban Desoutter de l'association La libre pensée, un des signataires de cet appel. "On a le sentiment  qu'on cherche à pointer une catégorie de la population : les musulmans. Cette charte va au contraire accentuer le communautarisme" ajoute Robert Kissous de l'association Rencontres Marx. 

Le collectif  rappelle qu'il a dénoncé pendant tout le mandat de Philippe Saurel ( ex maire de Montpellier) les subventions accordées à l'association qui organise la fête cultuelle de la Saint Roch (jusqu'à 20.000 euros) et que Michael Delafosse qui était dans le conseil municipal n'a jamais rien eu à redire. 

 

Alban Desoutter de l'association La Libre Pensée juge cette charte inutile

"La laïcité impose la neutralité à l'Etat et aux institutions de la République vis à vis des religions, dont elle n'assure ni le financement ni la promotion [...] En revanche , les citoyens  ont la liberté de conscience [...]Exiger des associations de signer cette charte de la laïcité , d'aller regarder ce qu'elles disent et ce qu'elles font, tout cela n'a rien à voir avec la laïcité écrit le collectif."

 

Robert Kissous de l'association Rencontres Marx estime que cette charte i va au contraire créer plus de communautarisme

Le collectif  annonce que lorsque la charte de la laïcité sera mise en place, un recours sera aussitôt déposé devant le tribunal administratif et il est fort probable qu'elle sera retoquée.

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 06:52

Communiqué intersyndical CGT – FSU – Solidaires – Unef – UNL

Le ministère de l’intérieur, celui de la citoyenneté et l’Elysée ont annoncé préparer une loi sur le « séparatisme » présentée à l’automne pour un vote devant intervenir au début de l’année 2021.

Nos organisations souhaitent ici le dire ensemble et avec force : nous ne laisserons pas ainsi diviser, fracturer la société française et plus particulièrement les classes populaires par une nouvelle campagne islamophobe de stigmatisation des populations musulmanes ou perçues comme telles qui sont systématiquement visées dans les propos des ministres et au plus haut sommet de l’État.

Personne n’est dupe : ce sont nos concitoyennes et concitoyens de confession musulmane qui sont visés par ce projet de loi. Les exemples donnés dans les médias se réfèrent systématiquement à l’Islam, aux musulmanes et aux musulmans.

Ce projet de loi vise à désigner un « ennemi intérieur ».

Si l’on en croit les propos du ministre de l’intérieur il s’agit même de contrôler l’expression du dogme. Si des expressions religieuses contreviennent au droit, l’État dispose déjà du dispositif législatif pour agir mais il n’a pas à se mêler du dogme d’aucune religion.

Hérité du racisme colonial, ce projet est une nouvelle expression d’un débat public saturé de fantasmes xénophobes : l’usage du mot « ensauvagement » répété à l’envie par le ministre de l’intérieur, la monstrueuse mise en scène raciste de la députée Danièle Obono dans Valeurs actuelles, la « plaisanterie » d’un ancien président de la République assimilant « singe » et personnes noires, les humiliations publiques répétées de femmes qui portent le foulard… tout cela n’est pas le domaine réservé de l’extrême droite.

Récemment encore, des député·es ont exprimé, à l’égard de la Vice-Présidente de l’UNEF, des exigences qui outrepassaient les obligations légales et mettaient en cause des droits reconnus par le principe de liberté de conscience. Alors qu’elle s’exprimait au sujet des conditions étudiantes difficiles à cause de la crise sanitaire, certain·es ont préféré voir son voile avant ses valeurs et ont tenté de l’humilier.

La laïcité a pour objectif principal de garantir les libertés et l’égalité.

Si l’État se doit d’être neutre et laïc, c’est justement pour permettre à la citoyenne ou le citoyen de pouvoir être libre d’exprimer ses idées à partir du moment ou cette expression n’empiète pas sur la liberté d’autrui. Les principes laïques ne doivent pas être dévoyés ni être appliqués à géométrie variable.

Dupes d’aucune offensive réactionnaire, nos organisations rappellent leur attachement à la laïcité qui permet l’exercice réel de la liberté d’opinion, d’expression et de conscience. Cela impose d’investir massivement dans des services publics.

Modifier la loi de 1905, comme le projette l’exécutif avec sa loi sur le prétendu « séparatisme » risque de détruire cet équilibre et de renforcer l’instrumentalisation de la laïcité.

Nos organisations prendront leurs responsabilités, continueront de se mobiliser pour l’égalité des droits et seront attentives aux initiatives unitaires prises dans le cadre de l’examen de ce projet de loi.

Elles appellent toute la population à refuser ces divisions, à se battre ensemble contre tous les racismes, à faire face ensemble pour exiger et construire des réponses aux urgences sociales.

Le 25 septembre 2020

Les syndicats prennent position, la laïcité nous concerne tous.

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 07:58
Article de Midi Libre rendant compte de la conférence de presse RML,Maghrebins de France,  Libre pensée, LDH sur la charte macronienne

Article de Midi Libre rendant compte de la conférence de presse RML,Maghrebins de France, Libre pensée, LDH sur la charte macronienne

C'est Midi Libre qui rend compte probablement attiré par le côté  controverse locale.  Mais il rend compte  d'une réalité. Ce que ne font pas des gens qui devraient le faire.   Nous sommes en plein débat.

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 07:40

Nous proposons de rendre publique l’appel contre la « charte de la laïcité » .

Une conférence de presse sera organisée mardi 22/9 à 10h45 au Dôme, à laquelle nous vous invitons à participer.

Afin que celle-ci ne soit pas trop longue, nous proposons que la tribune soit constituée de militants d’associations, qui sont les premières concernées par ladite charte : Libre Pensée, LDH, ATMF, Rencontres Marx, AMD...

La salle doit être libérée avant midi.

Bien à vous.


Alban Desoutter, la Libre Pensée  et  Robert Kissous, Rencontres Marx

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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 07:12

la loi sur la laïcité de 1905  marquait une avancée considérable. Elle interdisait à l'état  la tentation millénaire d'imposer les convictions de  ses dirigeants aux populations. Elle répondait à l'affaire Calas, à l'affaire Dreyfus, de gens condamnés pour leur religion.

 Elle n'est certes pas parfaite et ne répond plus tout à fait aux réalités de 2020.  Mais il y a plusieurs façons de la réviser.   La charte de la laïcité  Macron- Schiappa  en est une. L'état n'est plus neutre et les obligations changent de sens

  Ce n'est plus l'état qui doit respecter les convictions de chacun, mais chacun qui doit respecter un certain nombre de principes qui ne sont pas tous cités.  Comme dans d'autres  domaines  la police des esprits compense l'incapacité de convaincre.

   Le maire de Montpellier,  dans l'espace restreint des subventions aux associations a décidé de ne subventionner que les associations approuvant  la charte Macron-Schiappa.

  Si le but est de viser les associations protestantes , catholiques, juives  ou musulmanes, cette obligation est superfétatoire : la charte de 1905 le prévoit. L'argent public ne peut aller aux religions.   Cela  n'empêche pas le maire de participer à la procession de Saint Roch et de subventionner l'association organisatrice.

   Comme lui la libre pensée, la ligue des droits de l'homme et Rencontres Marx ne souhaitent  pas que les islamistes bénéficient de subventions  pour envoyer des jeunes en Syrie ou ailleurs.  Mais elles estiment que  revisitée par Macron-Schiappa la charte est une machine de guerre contre la religion musulmane seule et un outil de division. Une pétition circule si vous désirez vous y  associer

r.kissous@yahoo.fr

alban34@yahoo.com

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 09:03

Monsieur le Maire,

   Nous nous permettons de vous écrire car, si nous avons relevé l’absence d’écharpe lors des cérémonies de la Saint-Roch lorsque vous vous y êtes rendus, nous sommes cependant dubitatifs quant à vos dernières annonces concernant la « charte de la laïcité ». Celle-ci devrait être signée par les associations en vue d’obtenir des subventions.

Autant le dire de manière directe : c’est tout sauf une bonne idée. Surtout, cela n’a rien à voir avec la laïcité. La laïcité n’est pas un concept ou une idée qui doit s’imposer aux citoyens. Ce sont des obligations faites à l’Etat et aux institutions. À titre privé, les citoyens, membres d’association ou pas, peuvent être pour la laïcité (c’est le cas dans leur grande majorité) ou pas. Libre à   chacun de penser ce qu’il veut.

La laïcité impose la neutralité totale de l’État vis-à-vis des croyances en général et des organes religieux en particulier.  Donc exiger des associations, qui ne sont pas des institutions d’État, qui regroupent des citoyens, de se déclarer en faveur de la laïcité, et de conditionner ceci à l’attribution de subventions, voire pire, d’aller regarder ce qu’elles disent  et ce qu’elles font, tout cela n’a donc rien à voir avec la laïcité.

Aussi, vous avez déclaré dans un média : « S’il y a des rapports complexes à l'égard des femmes, du fait d'interdits religieux, il n'y aura plus d'argent public ». Cet exemple pris au hasard vise implicitement les musulmans. Ce n’est pas un hasard, c’est dans l’air du temps.

En quoi le comportement des associations concerne-t-il la laïcité ? En rien. La laïcité n’est pas un  comportement individuel, une sorte de code moral de bonne conduite.

Sauf si… ces associations ont pour but d’organiser des cérémonies religieuses ! Alors là, oui, l’argent public ne peut pas être distribué. À ce propos, Monsieur le Maire, une association a bénéficié depuis des années de  l’argent public : celle qui a organisé les cérémonies religieuses de la Saint-Roch. Se pourrait-il donc que cette association signe la « charte de la laïcité » et perçoive dans le même temps del’argent public pour organiser messes et processions ? Situation qui serait pour le moins étonnante.

Soit l’association est culturelle, et le comportement de ses membres n’a pas à faire l’objet d’un contrôle, soit l’association est cultuelle, religieuse, et dans ce cas, la question ne se pose même pas : pas de subvention.

C’est soit l’un, soit l’autre.  Par conséquent, nous vous invitons vivement à revoir votre position, et à appliquer strictement la laïcité tout simplement :

- Les associations sont libres, elles n’ont pas à approuver ou à désapprouver la laïcité pour recevoir des subventions ;

- Toute association qui organise des fêtes religieuses doit se voir refuser le moindre argent public ; à commencer par celle qui a utilisé l’argent public pour organiser messes et processions de Saint-  Roch ces dernières années.

Nous vous faisons également remarquer que si vous souhaitez en faire plus pour la laïcité, il y a une chose que vous auriez pu décider : au lieu d’être aux avant-postes pour assister aux cérémonies religieuses de la  Saint-Roch tout sourire, vous auriez pu prendre exemple sur le Maire EELV de Lyon Grégory Doucet, qui a refusé de se rendre aux traditionnels voeux des Echevins, rompant ainsi avec les habitudes des maires précédents, de gauche, de droite, comme ceux qui naviguent entre les deux. Comme quoi, il est possible de respecter la laïcité.

Le renversement de la laïcité pour en faire un outil de critique des comportements individuels est une usurpation, dont le ressort profond est de faire oublier l’élément central en la matière : le déversement de milliards d’euros chaque année aux écoles confessionnelles à 85% catholiques !  Autant d’argent qui manque à l’école publique et laïque, creusant ainsi le fossé de ce que tout le monde peut constater dans notre ville....

Comme vous rappelez souvent votre attachement à l’intelligence, nous sommes persuadés que ces  arguments venant d’une association qui connait bien la laïcité vous convaincrons.

La Libre Pensée – fédération de l’Hérault, le 11/09/2020

 Extraits L'intégralité du courrier est lisible sur le site de la LP

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 08:37

Afin d'alimenter le débat nous vous proposons cette vidéo vivifiante qui pose un nombre incalculable de questions et prouve que la solution émerge, quoi qu'on en pense.

https://www.youtube.com/watch?v=rDCd1--acTs

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 07:54

https://www.revue-ballast.fr/arie-alimi-il-ne-reste-plus-a-ce-pouvoir-que-la-violence/

Le site Ballast  (dont nous donnons le lien) diffuse  une interview  de cet avocat des victimes de la violence d'état.   C'est bien sûr le sujet principal.

 Mais le blog y a vu autre chose, en lien avec Samira, le foulard  et le refus de Delafosse qu'elle figure sur la lite de gauche à Montpellier au nom de la laïcité.  Il vaut mieux lire l'interview complète  pour saisir  dans tous ses aspects  ce débat que nous pensons tout aussi fondamental.

Alimi nous dit : Enfant, j’ai été scolarisé dans un établissement religieux à Sarcelles. Je ne crois plus en Dieu depuis l’âge de 18 ans. Mais je mange casher, je vais à la synagogue, je célèbre les fêtes religieuses. Je reste attaché à cette culture reçue de mes parents, que je tiens à transmettre à mes enfants. J’aime la musique, les prières qui sont chez nous, dans le rite oriental, des chants. J’y trouve une forme de joie, de solidarité, de lien social.

Le fait de se revendiquer de la religion juive , qui est son droit le plus absolu, ne l'a pas empêché de défendre des musulmans et de refuser l'ordre établi.  Nous sommes loin de la conception étriquée d'une laïcité  défendue par Onfray et Marine le Pen  et à laquelle trop d'entre nous restent fidèles, qui sépare au lieu de rassembler, outil moderne de légitimation du ghetto.

   Henri Ausseil

 

 

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